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Corneille - Profile portrait of a woman with a bird, 1972

Corneille - Profile portrait of a woman with a bird, 1972

3 900,00 €Prix

Technique : Pastel gras, crayon

Support : Papier 

Numérotation : Unique

Signature : Signée à la main

Dimensions feuille : 29x20cm
Condition : Bon état général

 

Authentification : Vendue avec certificat d'authenticité de la fondation Guillaume Corneille, Bruxelles & Facture de la galerie.

  • Corneille (Guillaume Cornelis van Beverloo, 1922–2010) est l’un de ces artistes qui ont fait de la liberté une forme, et de la couleur une mémoire. Co-fondateur de CoBrA à la fin des années 1940, il appartient à cette génération d’après-guerre qui refuse l’académisme comme on refuse l’oubli : l’art doit retrouver l’énergie première du signe, la spontanéité presque enfantine du trait, la joie brutale d’un monde réinventé. Chez Corneille, cette impulsion ne se dissout jamais ; elle se transforme. L’écriture picturale s’épure, se clarifie, et finit par s’imposer comme une iconographie immédiatement reconnaissable : oiseaux, femmes, soleils, fleurs, totems et paysages rêvés — une mythologie personnelle, simple en apparence, mais profondément construite.

     

    Ce qui frappe, c’est la façon dont il conjugue deux choses rarement compatibles : l’instinct et la composition. Tout semble couler comme un jeu — aplats, courbes, lignes noires, couleurs franches — mais tout tient, comme si chaque forme savait d’avance où elle devait se poser pour que l’image respire. Corneille invente un monde de désir apaisé : l’érotisme y est solaire, jamais cynique ; la figure féminine devient une présence-signe, presque une architecture de douceur ; l’oiseau, un messager — non pas symbolique au sens lourd, mais porteur d’une légèreté vitale. Il y a là une part de méditerranée, de voyage, d’horizons traversés (Afrique du Nord, paysages du Sud), mais filtrés par une innocence volontaire : non pas naïveté, plutôt retour aux sources.

     

    Pour un collectionneur, l’œuvre de Corneille a cette qualité rare d’être à la fois historiquement située — CoBrA, l’avant-garde européenne, la reconstruction d’un langage pictural après 1945 — et immédiatement accessible. On peut l’aimer sans mode d’emploi. Et pourtant, plus on la regarde, plus on comprend qu’elle parle une langue savante : celle des grands coloristes, des faiseurs d’espaces, des artistes qui savent que la peinture n’est pas un sujet mais une présence. Dans une collection, une œuvre de Corneille agit comme un foyer : elle éclaire, elle réchauffe, elle ouvre le regard — et rappelle, avec une évidence tranquille, que la modernité peut encore être une joie.

     

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