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Henri Matisse - Buste de jeune fille, les bras croisés, 1925

Henri Matisse - Buste de jeune fille, les bras croisés, 1925

10 000,00 €Prix

Technique : Lithographie

Support : Papier Japon

Numérotation : 49/50

Signature : Signée à la main

Dimensions feuille : 35 x 27,8 cm
Condition : Très bon état général 

 

Authentification : Vendue avec certificat d'authenticité de la galerie & Facture de la galerie. Catalogue raisonné de l'oeuvre gravé, Tome II, Paris 1983 Duthuit-Garnaud 450.

  • Informations sur l’œuvre

    Vers 1920, Henri Matisse entre dans une phase de travail parallèle et complémentaire à ses toiles les plus célèbres. Alors qu’il est pleinement immergé dans ses années niçoises — période féconde qui s’étend de 1917 à 1929 —, il développe, en parallèle de ses compositions foisonnantes d’intérieurs colorés et de motifs orientaux, une recherche graphique plus intérieure, plus silencieuse. Il ne s’agit pas d’un renoncement aux fulgurances chromatiques, mais d’un versant épuré de sa démarche, centré sur le dessin pur, la ligne essentielle, l’économie du geste. Cette tension entre luxuriance picturale et rigueur linéaire irrigue toute cette période, et confère à son œuvre une profondeur souvent méconnue du grand public.

     

    Les lithographies de figures féminines de ces années — telle celle de 1925 que nous avons sous les yeux — traduisent cette quête de clarté formelle. Les modèles, assis ou de face, les bras croisés ou posés, se détachent dans une frontalité volontaire, presque hiératique. La couleur se retire, mais l’intensité demeure, transposée dans l’équilibre du trait, la densité silencieuse des poses. Ces œuvres sur papier ne sont ni des études ni des essais : elles sont pensées comme des œuvres à part entière, éditées avec les plus grands imprimeurs de l’époque, et tirées en séries limitées, numérotées, signées.

     

    Cette part plus sobre mais tout aussi radicale du travail de Matisse révèle une autre logique de son art : celle de la condensation. À mesure que le geste se simplifie, la présence se concentre. Ce sont des œuvres de maîtrise et non d’effet, qui annoncent en creux l’abstraction lyrique et les recherches ultérieures du minimalisme. En ce sens, elles ne tournent pas le dos aux éclats méditerranéens qui l’entourent à Nice, mais les intègrent dans une économie plastique où chaque ligne vaut une couleur, chaque silence vaut un rythme.

     

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