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Yue Minjun - Untitled (Smile-ism No. 11), 2006

Yue Minjun - Untitled (Smile-ism No. 11), 2006

5 000,00€Prix

Technique : Sérigraphie

Support : Papier fine art

Numérotation : 22/45

Signature : Signée à la main

Dimensions : 110x90cm
Condition : Excellent 

 

Authentification : Vendue avec certificat d'authenticité & Facture de la galerie. Imprimée par Hankuk Art Chain Co., Ltd., Gwangju City, Korea et publiée par Art Issue Editions, New York.

  • Yue Minjun est l’un de ces artistes qui, à la charnière des années 1990, ont su capter comme un sismographe l’état psychique d’une Chine basculant brutalement du communisme idéologique vers le capitalisme autoritaire, et c’est précisément cette position historique, presque géologique, qui explique à la fois la force de son langage et la violence de ses variations de cote. Né en 1962 dans le Heilongjiang, formé dans un pays encore marqué par la Révolution culturelle, il arrive à maturité artistique au moment exact où la Chine s’ouvre au marché mondial, ce moment de désorientation collective où les anciens récits s’effondrent mais où aucun nouveau sens ne les remplace encore, et c’est là qu’apparaît son fameux rire, cette grimace répétée à l’infini, bouche béante, dents serrées, yeux plissés, qui a souvent été prise pour une jubilation alors qu’elle est au contraire une forme de masque, un rire de défense, une grimace de survie, presque une convulsion sociale.

     

    Visuellement, Yue Minjun est immédiatement reconnaissable, et c’est une force autant qu’un piège : ses autoportraits multipliés, ces figures roses ou rouges, souvent identiques, rient face au vide, face à des paysages vides, des décors absurdes ou des citations de l’histoire de l’art occidental, de Delacroix à Goya, comme si le sujet chinois contemporain était projeté dans un musée mondial qu’il ne comprend pas encore. Cette répétition obsessionnelle est une manière de dire que l’individu est devenu une marchandise, un clone, un signe, dans un monde où le pouvoir politique et le marché se superposent. C’est exactement ce qui a rendu Yue Minjun si puissant dans les années 1995–2005 : il incarnait plastiquement la schizophrénie d’une société entière. 

    Ce qui reste profondément juste chez Yue Minjun, et qui explique pourquoi il ne disparaîtra pas, c’est que son rire est devenu l’une des images les plus exactes de la modernité chinoise : un rire qui ne signifie pas la joie, mais l’impossibilité de pleurer, un rire comme masque social dans un monde où l’individu est pris entre propagande, marché et perte de repères.

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